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Ramification

Inceste

Tout ce qui porte ce mot : critiques, fragments, citations, images, archives, références. La serendipité commence ici.

Article

Die Walküre : le feu sous la glace — Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
Critique

Bruxelles

Die Walküre : le feu sous la glace

Après un Rheingold dont la puissance visuelle et dramaturgique avait révélé les ambitions de sa lecture du Ring, Romeo Castellucci poursuit à Bruxelles son exploration de l'univers wagnérien avec une Walküre d'une intensité glaciale. Renonçant aux effets spectaculaires attendus, le metteur en scène italien déploie une réflexion vertigineuse sur la filiation, le sacrifice et le renoncement, superposant aux mythes germaniques les références à Empédocle, au bouddhisme, aux traditions bibliques, à Dostoïevski et à Nietzsche. Une entreprise fascinante par la densité de ses propositions, dont la rigueur formelle n'exclut jamais la violence des images. La réalisation musicale demeure plus contrastée, avec une distribution inégale dominée par la Brünnhilde d'Ingela Brimberg. À la tête d'un remarquable Orchestre symphonique de la Monnaie, Alain Altinoglu privilégie une lecture attentive aux équilibres et à la prosodie, au risque de contenir parfois l'incandescence du drame.

Par David Verdier

La Walkyrie ou les images sans loi — Opéra Bastille, Paris
Critique

Paris

La Walkyrie ou les images sans loi

Après un L'Or du Rhin prometteur mais musicalement décevant, La Walkyrie de Calixto Bieito était attendue comme le moment où le nouveau Ring parisien trouverait enfin sa cohérence. Elle en révèle surtout les contradictions : une accumulation impressionnante de signes, de projections et de références dont la puissance visuelle peine à nourrir véritablement le drame. Prisonniers de l'immense structure métallique de Rebecca Ringst, les personnages évoluent dans un univers dystopique où les images prolifèrent sans parvenir à construire une dramaturgie convaincante. La distribution réunit heureusement des interprètes de premier plan, notamment Christopher Maltman, remarquable Wotan de remplacement, Elza van den Heever en Sieglinde et Ève-Maud Hubeaux en Fricka. Quant à Pablo Heras-Casado, sa direction progresse sensiblement par rapport au prologue, sans trouver encore la respiration et l'incandescence que réclame Wagner.

Par David Verdier