批評 · Bérénice · 演劇 · Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt, Paris
À la racine : Bérénice ou la violence de la parole
Avec Bérénice, Romeo Castellucci soumet la tragédie de Racine à une expérience de séparation qui touche autant les personnages que le langage lui-même. Concentrant presque toute la représentation dans le corps et la voix d'Isabelle Huppert, il transforme l'alexandrin en une matière instable, travaillée par les métamorphoses sonores de Scott Gibbons. Les autres personnages deviennent des présences muettes, les objets se chargent d'une violence mystérieuse et les images résistent à toute explication définitive. Sous la rigueur de la parole classique affleurent les forces contradictoires du désir, du pouvoir et de la dépossession, jusqu'au moment où l'actrice demande au public de ne plus la regarder.
筆者: David Verdier·2026年10月17日·9 分