Ramificazione
Desiderio
Tutto ciò che porta questa parola: critiche, frammenti, citazioni, immagini, archivi, riferimenti. La serendipità inizia qui.
Articolo

Paris
Le Passé : la beauté des mondes disparus
Avec Le Passé, Julien Gosselin délaisse les grands romans contemporains qui ont fait sa réputation pour explorer l'univers de Léonid Andréïev, écrivain russe hanté par la folie, la violence et la disparition. Entremêlant théâtre, cinéma tourné en direct et musique électronique, il construit autour du destin tragique d'Ékatérina Ivanovna une fresque d'une intensité exceptionnelle, où les images du passé semblent revenir hanter le présent. Porté par une Victoria Quesnel bouleversante, ce spectacle vertigineux interroge les conventions de la représentation, les puissances destructrices du désir et la mémoire d'un monde disparu.
Di David Verdier

Montpellier
Printemps des Comédiens : le sang, les morts, les ancêtres et la cité
La 37e édition du Printemps des Comédiens s'ouvre à Montpellier sur une succession de propositions qui interrogent, chacune à leur manière, les démons du passé et les inquiétudes du présent. Avec Extinction, Julien Gosselin livre une fresque monumentale puisant chez Thomas Bernhard, Arthur Schnitzler et Hugo von Hofmannsthal les signes d'une Europe hantée par son histoire. Ivo van Hove confronte deux œuvres d'Ingmar Bergman, Après la répétition et Persona, dans un diptyque d'une beauté glacée, dominé par Emmanuelle Bercot. Deux autres spectacles, Même si le monde meurt de Laurent Gaudé et Rapport pour une académie de Kafka, prolongent cette réflexion sur les limites de l'humanité et les mécanismes de sa destruction. Quatre expériences théâtrales, entre fascination et réserves, qui donnent à cette ouverture de festival une densité singulière.
Di David Verdier

Strasbourg
Pelléas et Mélisande : les ténèbres d’Allemonde
Dans un décor abstrait où les personnages semblent prisonniers d’une mécanique implacable, Barrie Kosky transforme Pelléas et Mélisande en une tragédie familiale d’une violence insoupçonnée. Loin des brumes symbolistes et des séductions du merveilleux, le metteur en scène révèle les pulsions, les secrets et les rapports de domination qui hantent l’univers de Maeterlinck et Debussy. À l’Opéra national du Rhin, Anne-Catherine Gillet donne à cette Mélisande singulière une présence bouleversante, au cœur d’un spectacle aussi dérangeant que fascinant.
Di David Verdier

Paris
Don Giovanni : entre chien et loup
Quinze ans après sa création au Festival de Salzbourg, le Don Giovanni de Claus Guth fait enfin son apparition sur la scène de l'Opéra Bastille. Dans une forêt nocturne aux dimensions monumentales, le metteur en scène allemand transforme le chef-d'œuvre de Mozart en une longue agonie, celle d'un libertin mortellement blessé dès les premières minutes du drame. Cette lecture d'une fascinante noirceur, portée par un Peter Mattei magistral et un Alex Esposito d'une remarquable intensité théâtrale, trouve dans les lumières d'Olaf Winter une profondeur presque métaphysique. Mais la direction capricieuse d'Antonello Manacorda et une distribution féminine inégale laissent une impression musicale plus contrastée que ne le promet la puissance du spectacle.
Di David Verdier

Bruxelles
La fin est dans le commencement
Avec Das Rheingold, Romeo Castellucci ouvre à La Monnaie de Bruxelles une Tétralogie conçue comme une vaste cérémonie des origines et de la disparition. Puisant dans la philosophie de Schopenhauer, les mystères d'Éleusis et une iconographie qui traverse les siècles, il transforme le prologue wagnérien en une succession de tableaux où le pouvoir, le désir et la malédiction de l'or prennent une dimension rituelle. Cette lecture d'une extraordinaire richesse visuelle, dont l'abondance symbolique menace parfois la continuité dramatique, trouve son pendant musical dans la direction attentive d'Alain Altinoglu. Entre fascination plastique et réserves vocales, un spectacle dont les premières images contiennent déjà la promesse du crépuscule des dieux.
Di David Verdier

Paris
Prométhée enchaîné
Avec Das Rheingold, Calixto Bieito inaugure à l'Opéra de Paris une nouvelle Tétralogie dont le Walhalla prend les dimensions d'un gigantesque datacenter. Dans cet univers dominé par les technologies numériques, l'intelligence artificielle et les fantasmes transhumanistes, les dieux de Wagner deviennent les acteurs d'une humanité engagée dans la course à sa propre disparition. Entre mythologie, science-fiction et cinéma fantastique, le metteur en scène espagnol impose une lecture foisonnante, parfois désordonnée, mais d'une indéniable puissance théâtrale. La réussite scénique trouve son meilleur prolongement dans l'Alberich de Brian Mulligan et la remarquable Fricka d'Ève-Maud Hubeaux, tandis que le Wotan d'Iain Paterson et la direction trop prudente de Pablo Heras-Casado laissent une impression plus mitigée.
Di David Verdier