Ramificazione
Corpo
Tutto ciò che porta questa parola: critiche, frammenti, citazioni, immagini, archivi, riferimenti. La serendipità inizia qui.
Articolo

Paris
À la racine : Bérénice ou la violence de la parole
Avec Bérénice, Romeo Castellucci soumet la tragédie de Racine à une expérience de séparation qui touche autant les personnages que le langage lui-même. Concentrant presque toute la représentation dans le corps et la voix d'Isabelle Huppert, il transforme l'alexandrin en une matière instable, travaillée par les métamorphoses sonores de Scott Gibbons. Les autres personnages deviennent des présences muettes, les objets se chargent d'une violence mystérieuse et les images résistent à toute explication définitive. Sous la rigueur de la parole classique affleurent les forces contradictoires du désir, du pouvoir et de la dépossession, jusqu'au moment où l'actrice demande au public de ne plus la regarder.
Di David Verdier

Lyon
Jeanne d’Arc au bûcher : le corps, les voix et les fantômes de l’Histoire
Dans une salle de classe qui se transforme peu à peu en paysage mental, Romeo Castellucci réinvente la figure de Jeanne d’Arc, loin des représentations convenues de la sainte et de son martyre. Portée par l’extraordinaire Audrey Bonnet et la direction musicale de Kazushi Ono, cette création lyonnaise fait de l’oratorio de Claudel et Honegger une expérience théâtrale d’une rare intensité.
Di David Verdier

Lille
La Flûte enchantée : l’heure du loup
Avec cette Flûte enchantée sous-titrée Le Chant de la Mère, Romeo Castellucci entraîne le chef-d’œuvre de Mozart dans un univers d’images où le merveilleux cède la place à une réflexion sur la maternité, la séparation et la violence des rites initiatiques. Entre splendeur baroque, géométrie obsessionnelle et irruption de corps meurtris, le metteur en scène italien construit un théâtre total qui bouleverse les conventions de l’opéra. À Lille, cette expérience aussi fascinante que déroutante s’impose comme l’une de ses propositions scéniques les plus accomplies.
Di David Verdier

New York
Hamlet : les vertiges d’un théâtre de sons
En portant Hamlet à l’opéra, le compositeur australien Brett Dean et son librettiste Matthew Jocelyn s’emparent de l’une des tragédies les plus vertigineuses de Shakespeare. Entre folie feinte et désespoir véritable, la partition multiplie les expériences acoustiques jusqu’à transformer la scène en un vaste théâtre de sons. Au Metropolitan Opera de New York, Neil Armfield signe une mise en scène sobre, servie par un Allan Clayton magistral et une Brenda Rae saisissante. Mais cette entreprise ambitieuse, dirigée avec autorité par Nicholas Carter, révèle aussi les limites d’une écriture musicale dont la tension permanente menace parfois d’épuiser l’écoute.
Di David Verdier

Aix-en-Provence
Une Divine Comédie : le théâtre des disparitions
Spectacle profondément baroque, italien et religieux, le Requiem de Mozart imaginé par Romeo Castellucci transforme la liturgie des morts en une cérémonie des disparitions. La danse, les corps et les images composent un rituel où l'extinction des espèces, des civilisations et des croyances répond à la promesse chrétienne de la vie éternelle. L'une des propositions les plus marquantes du Festival d'Aix-en-Provence 2019, dont la puissance repose sur l'exceptionnel engagement vocal et physique du Chœur Pygmalion. Sous la direction de Raphaël Pichon, cette rencontre entre musique et théâtre invente une expérience singulière, malgré quelques déséquilibres et une conclusion qui referme trop explicitement les mystères du spectacle.
Di David Verdier

Bruxelles
La fin est dans le commencement
Avec Das Rheingold, Romeo Castellucci ouvre à La Monnaie de Bruxelles une Tétralogie conçue comme une vaste cérémonie des origines et de la disparition. Puisant dans la philosophie de Schopenhauer, les mystères d'Éleusis et une iconographie qui traverse les siècles, il transforme le prologue wagnérien en une succession de tableaux où le pouvoir, le désir et la malédiction de l'or prennent une dimension rituelle. Cette lecture d'une extraordinaire richesse visuelle, dont l'abondance symbolique menace parfois la continuité dramatique, trouve son pendant musical dans la direction attentive d'Alain Altinoglu. Entre fascination plastique et réserves vocales, un spectacle dont les premières images contiennent déjà la promesse du crépuscule des dieux.
Di David Verdier