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Tout ce qui porte ce mot : critiques, fragments, citations, images, archives, références. La serendipité commence ici.

Article

La Flûte enchantée : l’heure du loup — Opéra de Lille, Lille
Critique

Lille

La Flûte enchantée : l’heure du loup

Avec cette Flûte enchantée sous-titrée Le Chant de la Mère, Romeo Castellucci entraîne le chef-d’œuvre de Mozart dans un univers d’images où le merveilleux cède la place à une réflexion sur la maternité, la séparation et la violence des rites initiatiques. Entre splendeur baroque, géométrie obsessionnelle et irruption de corps meurtris, le metteur en scène italien construit un théâtre total qui bouleverse les conventions de l’opéra. À Lille, cette expérience aussi fascinante que déroutante s’impose comme l’une de ses propositions scéniques les plus accomplies.

Par David Verdier

Jenůfa : la mécanique du malheur — Opéra de Rouen Normandie, Rouen
Critique

Rouen

Jenůfa : la mécanique du malheur

En transposant Jenůfa dans une usine textile de l’Europe postcommuniste, Calixto Bieito renouvelle profondément le regard porté sur le drame de Janáček. Derrière la brutalité de l’infanticide, il explore les secrets de la Kostelnička, les rapports de domination et les violences d’une société dont le prétendu matriarcat dissimule la permanence du pouvoir masculin. À l’Opéra de Rouen Normandie, cette production suffocante, portée par Natalya Romaniw, Christine Rice et Kyle van Schoonhoven, trouve dans la direction incandescente d’Antony Hermus un prolongement musical d’une rare intensité.

Par David Verdier

Die Walküre : le feu sous la glace — Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
Critique

Bruxelles

Die Walküre : le feu sous la glace

Après un Rheingold dont la puissance visuelle et dramaturgique avait révélé les ambitions de sa lecture du Ring, Romeo Castellucci poursuit à Bruxelles son exploration de l'univers wagnérien avec une Walküre d'une intensité glaciale. Renonçant aux effets spectaculaires attendus, le metteur en scène italien déploie une réflexion vertigineuse sur la filiation, le sacrifice et le renoncement, superposant aux mythes germaniques les références à Empédocle, au bouddhisme, aux traditions bibliques, à Dostoïevski et à Nietzsche. Une entreprise fascinante par la densité de ses propositions, dont la rigueur formelle n'exclut jamais la violence des images. La réalisation musicale demeure plus contrastée, avec une distribution inégale dominée par la Brünnhilde d'Ingela Brimberg. À la tête d'un remarquable Orchestre symphonique de la Monnaie, Alain Altinoglu privilégie une lecture attentive aux équilibres et à la prosodie, au risque de contenir parfois l'incandescence du drame.

Par David Verdier