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Frank Castorf, Molière et la guerre des pouvoirs — Festival d’Avignon, Parc des expositions, Avignon
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Avignon

Frank Castorf, Molière et la guerre des pouvoirs

Au terme de vingt-cinq années passées à la tête de la Volksbühne de Berlin, Frank Castorf retrouve le Festival d'Avignon avec une fresque théâtrale monumentale consacrée aux rapports entre l'artiste et le pouvoir. Convoquant Molière et Boulgakov, Louis XIV et Staline, le metteur en scène allemand déploie près de six heures d'un théâtre débridé, nourri de références littéraires, cinématographiques et politiques. Une dernière offensive contre les conformismes, portée par les acteurs d'une troupe devenue légendaire.

By David Verdier

Le Passé : la beauté des mondes disparus — Odéon-Théâtre de l’Europe, Paris
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Paris

Le Passé : la beauté des mondes disparus

Avec Le Passé, Julien Gosselin délaisse les grands romans contemporains qui ont fait sa réputation pour explorer l'univers de Léonid Andréïev, écrivain russe hanté par la folie, la violence et la disparition. Entremêlant théâtre, cinéma tourné en direct et musique électronique, il construit autour du destin tragique d'Ékatérina Ivanovna une fresque d'une intensité exceptionnelle, où les images du passé semblent revenir hanter le présent. Porté par une Victoria Quesnel bouleversante, ce spectacle vertigineux interroge les conventions de la représentation, les puissances destructrices du désir et la mémoire d'un monde disparu.

By David Verdier

Printemps des Comédiens : le sang, les morts, les ancêtres et la cité — Printemps des Comédiens, Montpellier
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Montpellier

Printemps des Comédiens : le sang, les morts, les ancêtres et la cité

La 37e édition du Printemps des Comédiens s'ouvre à Montpellier sur une succession de propositions qui interrogent, chacune à leur manière, les démons du passé et les inquiétudes du présent. Avec Extinction, Julien Gosselin livre une fresque monumentale puisant chez Thomas Bernhard, Arthur Schnitzler et Hugo von Hofmannsthal les signes d'une Europe hantée par son histoire. Ivo van Hove confronte deux œuvres d'Ingmar Bergman, Après la répétition et Persona, dans un diptyque d'une beauté glacée, dominé par Emmanuelle Bercot. Deux autres spectacles, Même si le monde meurt de Laurent Gaudé et Rapport pour une académie de Kafka, prolongent cette réflexion sur les limites de l'humanité et les mécanismes de sa destruction. Quatre expériences théâtrales, entre fascination et réserves, qui donnent à cette ouverture de festival une densité singulière.

By David Verdier

Un Hamlet à l'os
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Un Hamlet à l'os

Depuis quatre siècles, Hamlet n’en finit pas de hanter notre imaginaire. Personnage-monde, symptôme occidental, il résiste à toute interprétation. Kirill Serebrennikov ne cherche pas à le ressusciter mais à en ausculter le cadavre, à s’amuser avec ce corps mythique jusqu’à lui retourner la peau. Avec Hamlet / Fantômes, il signe un théâtre musical en dix visions hallucinées, un rituel expressionniste où se croisent Shakespeare, Artaud, Chostakovitch, Sarah Bernhardt et les spectres de nos propres mémoires de spectateurs. Porté par la musique de Blaise Ubaldini et l’énergie incandescente de l’Ensemble intercontemporain dirigé par Pierre Bleuse, le spectacle plonge dans la chair du texte jusqu’à l’écœurement. Un "Hamlet à l’os", traversé de sang, de néons et de silences, qui met en scène non pas la pièce, mais l’impossibilité même de la représenter.

By David Verdier

La foi, les images et le couperet — Opéra national de Nancy-Lorraine, Nancy
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Nancy

La foi, les images et le couperet

Créée à Rouen en 2025, la mise en scène des Dialogues des Carmélites de Tiphaine Raffier s'impose à Nancy comme l'une des lectures les plus marquantes de l'ouvrage de Poulenc. En faisant de Blanche une jeune fille nourrie d'images religieuses et de rêves héroïques, la metteuse en scène construit un parcours où l'intimité des corps se heurte progressivement à la violence de l'Histoire. Portée par une scénographie d'une grande intelligence dramatique, cette production trouve dans l'exceptionnelle Blanche d'Hélène Carpentier, la grâce de Michèle Bréant et la direction sensible de Marc Leroy-Calatayud une intensité qui dépasse largement les mérites d'une simple reprise.

By David Verdier

La Walkyrie ou les images sans loi — Opéra Bastille, Paris
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Paris

La Walkyrie ou les images sans loi

Après un L'Or du Rhin prometteur mais musicalement décevant, La Walkyrie de Calixto Bieito était attendue comme le moment où le nouveau Ring parisien trouverait enfin sa cohérence. Elle en révèle surtout les contradictions : une accumulation impressionnante de signes, de projections et de références dont la puissance visuelle peine à nourrir véritablement le drame. Prisonniers de l'immense structure métallique de Rebecca Ringst, les personnages évoluent dans un univers dystopique où les images prolifèrent sans parvenir à construire une dramaturgie convaincante. La distribution réunit heureusement des interprètes de premier plan, notamment Christopher Maltman, remarquable Wotan de remplacement, Elza van den Heever en Sieglinde et Ève-Maud Hubeaux en Fricka. Quant à Pablo Heras-Casado, sa direction progresse sensiblement par rapport au prologue, sans trouver encore la respiration et l'incandescence que réclame Wagner.

By David Verdier